Colloque de la FNAME

Lyon 2004

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   La construction du sens par une approche socio-cognitive de la médiation.

 Intervention de Madame Britt-Mari Barth , professeur à la faculté d’éducation de l’Institut supérieur de pédagogie (ISP), auteur de deux ouvrages : l’apprentissage de l’abstraction, la construction du savoir, parus aux éditions Retz.

Trois domaines correspondent à ses activités : la recherche – la formation des enseignants – l’enseignement universitaire.

Le thème du colloque l’amène à s’exprimer sur la construction du sens par une approche socio-cognitive de la médiation. 

Frappée par le manque de confiance en soi de certains enfants et de leur manque de motivation, elle  remarque que la motivation est la conséquence de l’apprentissage en classe et non la condition. Bien des élèves confondent le mot et le sens : la bonne réponse à une question n’implique pas forcément compréhension ; elle peut être le résultat d’une bonne mémorisation qui sera suivie par l’oubli.

Piaget a dit : « Ce ne sont pas les matières qu’ils ne comprennent pas mais les leçons. » 

Il s’agit d’étudier le cheminement de la pensée

Lors de l’acquisition du langage, il doit y avoir interaction entre l’enfant et le parent. Celui-ci  offre  l’encadrement de la pensée de l’enfant par le prêt de la conscience.

  Pour donner du sens, on peut concevoir des scénarios. L’expérimentation, puis le retour en arrière détermine l’interprétation des résultats. 

Démarche concrète et grille d’analyse

                                                                     Philosophie    

                        Neurologie                                                       

                                                        cadre                                   Psychologie

 

                                                              méthode  pédagogique                             

                         Anthropologie                               conceptuel                Éthique

                                                                 Biologie

Qu’est-ce qui est indispensable pour apprendre ?

Étant donné que les perceptions sont individuelles, le concept se construit grâce à la confrontation des exemples et des contre-exemples trouvés dans une expérience réelle.

                                     Concept  

MOT ----- Attributs -------Exemples / Contre-exemples

Il s’agit de parcourir toutes les discussions car la réponse n’est pas donnée ; d’aller au fond de la compréhension et on n’a pas besoin de connaître le mot vide de sens.

 

                 relation                     
    1- mot

    2- divers exemples et contre-exemples

     3- voir ce qui est en commun

Le processus qui réunit les trois définitions mises en relation prouve qu’on a compris.

Il faut voir sur quoi l’attention doit être portée.

 Exemple :  Après une visite d’un musée qui n’avait pas donné grand intérêt, j’ai montré des tableaux aux élèves, un par un.

Observations : contenu du tableau qui se résout à une description des éléments les plus visibles

Remarque : Ce n’est pas comme cela qu’on regarde, il faut des critères. 

Observation plus fine avec le consigne : essayez de trouver d’autres choses à voir.

Les idées de chacun sont toutes écrites au tableau. Les enfants développent ainsi leurs idées du départ et chacun retrouve un lien. Un temps suffisant est donné pour stimuler les élèves et élargir leur regard pour voir ce que le peintre veut dire.

  D’autres tableaux sont présentés et l’on demande aux enfants de voir ce qu’il y a en commun. Les autres observations non communes sont rayées car on recherche ce qui est similaire. Les élèves doivent justifier leur réponse et cette tâche demande de la concentration.

Style                                        - façon de peindre, technique ------ absence de dessin 

                                                  - choix des couleurs            --------   pastels, couleurs douces

« impressionnisme »               -  choix des motifs               --------   le réel, naturel

                                                   -  lumière                               --------  ombres, reflets

                              - atmosphère                         --------  agréable, vacances

Les élèves sont enthousiasmés. Sur un support commun, le sens a été négocié dans l’interaction ; c’est à dire que le dialogue a permis de passer de ce que l’on pense au sens partagé.

Savoir connaître

Savoir penser

Savoir analyser

C’est quoi apprendre ?

C’est conduire les élèves à penser pour apprendre pour les conduire à apprendre à penser.

pouvoir avoir conscience de sa propre pensée (activer la métacognition) 

Que fait-on pour apprendre ?

Donner du sens, c’est le fruit d’un travail d’interprétation et de discernement (jugement - distinguer avec justesse). 

Discernement = tri  - séparation

Pour discerner, il faut passer par un processus d’abstraction afin de faire une sélection. Ce que nous percevons est perçu par notre cerveau. Il s’agit de séparer par la pensée ce qui n’est pas séparé dans la réalité. Faire un découpage du monde en gardant certains éléments et en enlevant d’autres.

Processus de conceptualisation : 

Percevoir  - Donner une signification aux sensations
                - Distinguer des différences

Comparer / distinguer des différences en fonction d’un critère

Faire une inférence – saut dans l’inconnu – hypothèse sous forme  d’affirmation : si = alors…
Vérifier – justifier pour trouver un ensemble de critères

Abstraction  ---------------un cas
Généralisation ------------tous les cas

Chaque enfant devrait connaître ce processus et créer des catégories.

Le sens est subjectif – intersubjectif. Il se négocie.

      Pour aider les élèves, il faut leur permettre d’agir en leur donnant les supports et passer par l’abstraction. Les élèves doivent diriger leur attention sur ce qui est essentiel.     

      Un seul exemple peut donner beaucoup d’interprétations : sur quoi faut-il poser son attention ? Avoir le concept permettra d’aller dans l’action car c’est le concept qui donne sens à l’expérience mais il faut savoir quel concept utiliser.

A l’école, on ne travaille jamais dans la réalité, on est dans les mots… Il faut l’expliquer.

Comment utiliser les outils intellectuels ? Comment s’y prendre ?

Il s’agit de suivre l’enfant dans sa pensée et arriver à l’abstraction. Les enfants en difficulté ne doivent pas être sous-estimés, les mots leur manquent et il faut leur faire prendre conscience de comment ils s’y sont pris en les accompagnant. On ne peut pas penser dans « le vide », la conceptualisation donne une forme.

apprentissage   -------  processus social d’intériorisation 

La médiation doit être cognitive, affective et sociale.

                 La participation donne lieu à une interaction qui se fait avec les outils intellectuels : le langage.

                  Rappelons le rôle de médiateur du maître entre le savoir et l’élève : on construit sa personne en construisant son savoir. L’enseignant trouve le support pour étayer la pensée et l’élève doit prendre conscience de ce qu’il fait et du transfert si c’est le cas.

        Voici la schématisation d’un modèle cognitif de médiation* : conditions qui affectent le processus enseigner/apprendre.

Tâches préparatoires : rendre le savoir accessible

Etape 1

Choisir une forme appropriée pour définir le savoir à enseigner.

Etape 2

 Exprimer le savoir dans une forme concrète

 

Situation d’apprentissage : négocier le sens.

Etape 3

 Engager l’apprenant dans un processus d’élaboration du sens.

Etape 4

Guider le processus de co-construction de sens.

Etape 5

Préparer au transfert des connaissances et à la capacité d’abstraction.

  On n’a que des systèmes symboliques pour s’exprimer. L’intelligence, c’est pénétrer un monde commun qu’il faut construire avec le langage, l’action…

Si le langage est déficient, utiliser la peinture, la musique, la danse de façon à créer des catégories et des concepts.

*Référence : «  Le savoir en construction » de Britt-Mari Barth  Ed. Retz pages 78-79

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