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Conférences Lyon 2004 Accueil Interactions N°4
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Pour apprendre, il faut qu’on vous ait aidé à
comprendre.
La question du travail pédagogique dès lors qu’elle se
spécialise, renvoie à 3 impératifs :
1-Traiter la complétude : la tâche, la situation
d’apprentissage et l’apprenant.
2- Engager une démarche d’aide authentique, une activité
mentale en tenant compte du coté psycho-affectif .
3- Reconnaitre l’enfant en difficulté comme un
interlocuteur à part entière.
Premier principe : TRAITER LA COMPLETUDE
Il faut considérer que cette question de la difficulté
renvoie :
-à la facilitation de l’apprentissage
-au support de l’apprentissage (outils)
Il y a des outillages plus facilitant les uns des autres
mais tout outillage présente des risques.Cela peut mal se passer pour des raisons très différentes.
Comment rejoint-on la caravane ? Pourquoi la
rejoint-on ? Qu’est-ce qui fait qu’on peut se rejoindre sur certains
objets de connaissance ?
Exemple : cas de Malika début CP. En difficulté, QI moyen, 3 mois de grande section
Ne pas se focaliser sur la différence culturelle ou sur
des problèmes d’affect, neurologique, psychologique........
Hypothèse : Malika a une difficulté de l’ordre des apprentissages.
Différencier : être en difficulté face à
l’apprentissage
et avoir une difficulté dans l’apprentissage
Il est normal d’avoir des difficultés dans les
apprentissages, c’est l’accumulation qui met l’enfant dans une position
d’être en difficulté.
Malika vient peut-être d’un milieu rural, elle n’a
jamais été scolarisée. Elle n’arrive pas à entrer dans la logique de l’écrit
d’où une certaine frustration .
Exercice proposé à Malika : entoure le même que le
modèle (discrimination visuelle)
br
dr bs
br br br dr
ds
Malika a tout entouré.
Pour comprendre la difficulté de l’apprenant, c’est très
long, c’est difficile, mais la piste est simple. Il faut le travail de toute
une équipe. Il faut outiller Malika correctement par un apprentissage de langue
orale, c’est-à-dire améliorer le langage. Si je ne sais pas ce qu’est le
langage, j’ai peu de chance d’en retrouver la mémoire (par ex :
identifier la trace d’une histoire dans un livre). A coté de la position de
l’apprenant, il y a la difficulté réelle de la tache, difficulté qu’on
retrouve à l’école.
Deuxième principe : ENGAGER UNE DEMARCHE D’AIDE
AUTHENTIQUE
Dans le cas où un élève fait sérieusement son métier
d’élève, il ne fait pas de choses si idiotes.
Un élève ne fait jamais n’importe quoi sauf en cas de
troubles neurologiques importants.
Des choses différentes peuvent être vraies ou fausses,
cela dépend de l’endroit où on les positionne.
Malika perçoit des figures hautes et des figures basses
(lettres hautes lettre basses): pour elle c’est identique partout.
Le point de vue de l’apprenant peut être aussi juste que
celui du maître.
-Théorie de la tâche, didactique-
L’objet de compréhension est une vraie question. C’est
un objet de culture, il se découvre dans notre perception du réel ; Il
faut réfléchir sur la théorie de la tache didactique.
Troisième principe : EDUCATION DE LA PERCEPTION
Il faut arrêter de distinguer Perception et Raisonnement.
Qu’est ce qu’on perçoit de la tâche ?
Qu’est ce que comprend l’apprenant ?
On ne perçoit que du coté où l’on a compris.
L’apprentissage est une éducation conjointe de la perception et du raisonnement .Tout objet affectif suscite une représentation immédiate et donc une certaine connaissance de l’objet.
QUESTION :
Que font les enfants qui sont impulsifs, qui sont trop dans l’agir ?
On pense qu’ils ont des problèmes de comportement,
c’est la réponse qu’on donne quand on ne sait pas quoi faire face à ces
problèmes.
On ne peut pas agir sur le comportement lui-même :
BINET dit : « Arrêtez
de croire qu’en faisant de l’EPS, on calme les enfants. »
« Sont-ils meilleurs après face à l’apprentissage ? »
Le début de l’activité psychique marque la limite du
travail physique. L’activité physique on la voit mais l’activité mentale
on doit la deviner.
EXEMPLE
1 : Présentation d’une vidéo
Travaux pratiques : L’enfant qui tâtonne et réussit à trouver seul le contact
de la pile.
On s’aperçoit que la question de compréhension n’est
pas purement technique .Elle existe au sein d’un groupe d’apprentissage
ou il y a aussi de l’émulation et de l’aide mais aussi de la non-aide ou de
la contre-aide .( le voisin qui croit qu’elle ne sait pas alors qu’elle
y est parvenue et qui fait le travail à sa place)
EXEMPLE
2 : On demande à un enfant d’écrire le mot
« farine »
Il écrit : « farin »
Ici la correspondance grapho-phonique n’existe pas, on ne
prononce pas les lettres, les groupes de lettres, on prononce des mots qui sont
écrits avec des sons. Si je ne prononce pas la fin, je ne peux interpréter ce
qui vient avant. Le « e »
a une logique. S’il n’y en avait pas, on dirait
« fa rin ». Il y a un code, une règle quand je sais comment
ça fonctionne.
EXEMPLE 3 :
BRUNER, dans son livre « savoir faire- savoir dire » parle de la
relation de tutelle entre le pédagogue et l’apprenant. Il repère que souvent
l’enseignant a tendance à vouloir aller vite au bout de la tâche (Il fait à
la place de l’élève pour pouvoir aller vite) au lieu de forger ses compétences.
D’où une nécessité pour l’enseignant de s’ajuster au rapport de
l’enfant à la tâche.
CONCLUSION
L’urgence est d’affirmer la spécificité
du maître E qui va dans le sens de
la complexité de l’apprentissage psychique. Il est considéré comme le médecin
interne de la pédagogie.
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